Posée dans l’océan atlantique, à portée de fusil de la Rochelle, Ré s’étire tout en longueur, du Nord à la pointe sud sur 26 km. La douceur de son micro climat, cadeau du Gulf Stream, et le nombre d’heure d’ensoleillement qui la rapproche de la Provence l’ont fait surnommée le Midi Atlantique. Pas étonnant alors que la population des 15 000 Rétais décuple aisément à la belle saison et que, dès le dernier estivant passé le pont, l’Ile est envahie à nouveau par des touristes d’un genre particulier les oiseaux migrateurs qui colonisent les marais, au Nord, où ils trouvent le gîte et le couvert.

Les marais sont indissociables de l’histoire de Ré et pas seulement pour l’estomac des volatiles aquatiques. Quasi inoccupée jusqu’à la fin du Moyen-Âge, l’Île est mise en valeur par des moines vendéens qui l’avaient reçu en cadeau. De cette époque démarre l’exploitation des marais salants, favorisée par l’implantation géographique de l’Île à la convergence des voies maritimes entre les mers du Nord et la Méditerranée. Jusqu’au XIXème siècle, le sel est le principal moyen de conserver les aliments et Ré prospère avec son « or blanc » qui occupe une grande partie de la population et près de 20% de la surface de l’Île. Malheureusement l’arrivée du train et l’exploitation intensive de salines continentales vont provoquer la chute de la saliculture rétaise et la disparition faute d’entretien des marais salants. Il faudra, comme à Guérande, qu’une poignée d’irréductibles refusent l’irrémédiable, relancent dans les années 90 la formation et l’installation de jeunes sauniers, repartent à la reconquête des marais salants envahis par l’océan, restaurent les vasais, les métières et les champs de marais où le miracle de la transformation de l’eau de mer en or blanc va s’opérer de nouveau. Aujourd’hui, même si la production annuelle (en moyenne 3000t) n’atteint que le 1/10 de ce qu’elle représentait au milieu du XIXème siècle, le savoir-faire est sauvé et l’emploi local perrénisé. Une nouvelle génération de sauniers dont c’est l’unique activité professionnelle, contrairement à leurs prédécesseurs, oeuvrent toute à la fois au développement de leur richesse naturelle et à la préservation d’un environnement naturel exceptionnel. Le saunier est devenu acteur économique et écologique.

Mais il serait injuste de limiter l’activité économique de Ré à la seule saliculture. Les sauniers étaient traditionnellement vignerons ou maraîchers et ces activités n’ont pas disparu, loin s’en faut. Le fort taux d’ensoleillement bénéficie aux vignes de l’île qui produisent du pineau, du cognac et des vins de pays charentais (blancs, rouges et rosés). Le climat océanique et les terrains calcaires sont tout aussi bénéfiques à la culture de la pomme de terre primeur AOC et les sols sablonneux conviennent parfaitement à la culture de l’asperge. Comme à Oléron sa voisine, la réputation de Ré en matière d’ostréiculture n’est plus à prouver. Les parcs à huîtres se sont développés au Nord de l’île où une partie des bassins salicoles ont été transformés à cet effet. Les immenses plages de sable, la centaine de kilomètres de pistes cyclables serpentant à travers les marais, les vignes et les réserves naturelles, la douceur du climat et la richesse de la faune et de la flore font de Ré une destination prisée des vacanciers et un site touristique majeur de la côte atlantique.

la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré

Propriétaire d’un hôtel sur le vieux port de La Rochelle depuis 5 ans Directeur de la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré depuis octobre 2004
Motivation particulière / à la démarche de la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré :

Interview de M Gérard Maitre, Directeur de la Coopérative des Sauniers de l’Île de Ré et nouveau partenaire Reflets de France

Reflets de France : Monsieur Maitre qui êtes vous ?
G.M : J’ai 45 ans, je suis marié et j’ai 2 enfants. J’ai effectué l’essentiel de ma carrière dans l’univers de l’agro alimentaire notamment en tant que Directeur Export dans de grands groupes coopératifs et privés français.

RdF : Êtes vous originaire de la région ?
G.M : Pas du tout je suis originaire de Picardie, mais après un long et intéressant passage dans l’agro alimentaire une page se tournait pour moi et je me suis installé, en 2003, avec ma famille à La Rochelle comme hôtelier.

RdF : Mais alors comment passe t-on de la gestion d’un hôtel à la direction d’une Coopérative salicole ?
G.M : En 2003 après une formation intensive, j'ai obtenu un diplôme d'auditeur qualifié IRCA. Je suis devenu auditeur indépendant pour le compte d'organismes certificateurs et me suis installé en "libéral". J'auditais des sociétés agroalimentaires, mon épouse s'occupant à temps complet de l'hôtel. Je gardais toutefois un oeil attentif sur le marché de l’emploi, sans pour autant avoir une quelconque espérance lorsqu’en juin 2003 j’ai vu l’annonce de la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré qui recherchait son directeur afin de remettre l’entreprise en ordre de marche.
J’ai répondu car le challenge était à la hauteur de mes plus folles espérances professionnelles : faire basculer une Coopérative agricole en une véritable entreprise agro alimentaire.
Je mettais enfin l’ensemble de mes compétences commerciales, marketing, qualité, gestion, management et production au service d’une seule et même entreprise. Après plusieurs entretiens avec un cabinet de recrutement et les membres du conseil d’administration, j’ai intégré le poste en octobre 2004.

RdF : M Maitre pouvez vous nous parler du mode de fonctionnement de la Coopérative des sauniers de l’Île de Ré et de votre mission ?
G.M : En 2003 l’entreprise ne possédait aucun service dédié. Localement l’ensemble des services, dont la partie commerciale pour les secteurs de L’Île et de la Rochelle, était géré par l’Union des Coopératives de l’île (Uniré) et la distribution sur le continent par à une société commerciale filiale d’un groupe agro alimentaire.
A cette période 8 personnes travaillaient à la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré et l’ensemble des opérations de production était effectué manuellement, dans des conditions de travail pour le moins rudes.
Le conseil d’administration de la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré, renouvelé par la jeune génération de sauniers venus s’installer sur l’île, ne voyant aucune perspective d’avenir avec cette organisation pour le moins particulière a décidé de prendre en main la destinée de la Coopérative en fixant plusieurs axes de réflexion dont certains furent mis en pratique rapidement ; la création de la marque « les sauniers de l’Île de Ré », la constructions de silos de stockage à l’extérieur afin de libérer le bâtiment et le recrutement d’un Directeur avec pour objectif de redresser et rendre pérenne l’entreprise.
Apres une période de remise à plat en profondeur de l’ensemble des problèmes, l’entreprise est maintenant opérationnelle. Elle est composée d’une équipe de 13 personnes assurant l’ensemble des tâches d’une industrie agroalimentaire, à savoir la production, le conditionnement et la commercialisation des produits issus du travail des sauniers.

RdF : M Maitre en quoi le projet RdF s’inscrit il dans la continuité de votre démarche ?
G.M : je dirai que le fil conducteur pour l’évolution de la Coopérative des sauniers de l'ile de Ré a été la mise en place d’un système de management de la qualité pouvant répondre aux exigences les plus importantes. A nos yeux le référentiel International Food Standard (IFS) était le mieux approprié et ce à deux titres :
- il est conçu spécifiquement pour les entreprises agroalimentaire
- il est facilitant pour les débouchés en marque de distributeur (MDD).
Le travail entrepris dans ce domaine a été récompensé une première fois par l’agrément de l’audit Carrefour et en décembre 2007 et ensuite l’obtention de notre double certification (IFS v 5 et BRC v 4) en mars 2008.

RdF : Quelles en ont été les bénéfices pour la Coopérative ?
G.M : La démarche d’assurance qualité a été menée en parallèle de nos démarches commerciales vis à vis du groupe Carrefour. Les premiers contacts datent de moins de deux ans et ont été concrétisés par le référencement dans les 1020 magasins de l’enseigne Champion de la fleur de sel de l’Île de Ré en verrine de 125g.

RdF : Une dernière question M Maitre : en quoi le partenariat avec Reflets de France peut il être bénéfique à la Coopérative des sauniers de l’Île de Ré ?
G.M : Ce référencement « Reflets de France » est à nos yeux une excellente nouvelle car il récompense, au-delà du chiffre d’affaire qu’il va générer, nos efforts pour la sauvegarde d’un patrimoine local respectueux de l’environnement alliant les hommes et la nature.

RdF : M Maitre je vous remercie de cet entretien et nous vous accueillons avec satisfaction en tant que nouvel arrivant dans le cercle des partenaires de la marque Reflets de France et vous souhaitons un avenir plein de réussite.